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P1020893-Rachidovic-Blida11.JPG                                                     RE-cliquer pour agrandir (haute résol.

 

Citoyen wali, bonjour,                    

 

Je ne suis pas français et je vous prie par avance d'excuser les éventuelles fautes de syntaxe, de style ou d'orthographe qui se seraient glissées dans mon propos.

                                                  Il y a quelques années, après un long périple sous d’autres cieux, je décidais de rentrer au pays, là où j'ai vu le jour et grandi, là où sont mes racines. Je dois vous avouer que Blida m'a fait regretter ma petite Ghorba. Je ne me suis jamais senti aussi seul qu'ici. Je suis plutôt sociable et la culture tient une place importante dans ma vie. Exigeant envers moi-même, je le suis devenu avec les autres. J'ai eu la naïveté de penser qu’à  la ville de Sid Ahmed El Kebir, "la ville de la culture" je trouverai quelques occasions de satisfaire ma curiosité. A part le soleil, rien. En plus, nombre exceptionnel de jours ensoleillés. J'ai hanté quelques lieux dédiés à la culture et j'ai malheureusement compris que j'étais bien au centre de nulle part.                 

                                                  J'ai essayé de voir les choses du bon côté : Je me suis dit que ce "nulle part" pouvait devenir le lieu d'un projet utopique. J'ai fait des propositions. Je n'ai jamais trouvé, parmi les responsables de la culture, que des bédouins dans un désert intellectuel : Des gens qui se sont parfaitement adaptés à l'aridité de leur territoire et qui plantent leurs tentes, ici ou là, en sirotant leur thé ou leur café. Aucun désir de changer quoi que soit. Ayant la chance d'être connecté à quelques artistes notoires, j'ai proposé de les faire venir, de monter des expositions, des concerts, des rencontres universitaires. On ne m'a jamais contrarié, je dois le dire, mais on ne m'a jamais rappelé non plus. Le plus étrange, c'est que sous prétexte de mettre la culture à la portée de tous, il n'y a plus rien d'intéressant à se mettre sous la dent. Je n'ai rien contre les amateurs. Comprenez-moi bien. Mais s'il n'y a plus que l'expression généralisée des états d'âme petit bourgeois d'un pays voué à sa propre indigence, le mot amateur n'a plus aucun sens, parce qu'alors il n'y a plus rien à aimer. La culture, c'est le désir, c'est une force de vie, quelque chose qui vous pousse à donner le meilleur de vous-même. Donner, dis-je et non vendre. Si l'on à rien à donner, on n'a pas davantage à vendre. Des galeries, à  Blida, je n'en vois aucune. Je dis bien aucune. Il n'y a que des barbouilleurs des vendeurs de médiocrités, destinées à des ignorants de biens sans valeurs ou de valeurs sans bien. Il y a quelques années, j'ai appris via la radio que "l'APC de Blida" organisait une "GRANDE" manifestation culturelle. J'ai tout de suite été sur place.... hélas sans rien trouver de digne de la dimension de cette ville ! C'est assez significatif du déclin de la cité Blidéenne qui est certainement l'une des seules d’Algérie à avoir transformé des lieux d'arts en placettes publiques ! Je pense entre autres à ‘EL MANAR’, la salle que beaucoup de connaisseurs considéraient comme l'une des plus belles d’Algérie.

                                                  Il y a des outils culturels dans cette ville. Mais ils ne fonctionnent pas. Quand par hasard on les confie à des personnes de valeurs, ce qui par ailleurs quelque fois a bien été le cas, on ne leur donne pas les moyens de mettre en oeuvre leurs projets. Pire on les jalouse, on les pousse à bout. On leur dit qu'ils ne sont pas d'ici. Alors vous me direz il y a ceci et cela et quelques artistes locaux dont j'ignore le nom, moi qui revient d'ailleurs.

 

                                               Il n'est pas possible de construire une politique culturelle valable autour d'un folklore ou d'une nostalgie stérile du passé. Le folklore a sa place, bien sûr, là n'est pas le problème. Il faut maintenir le folklore comme il faut restaurer le patrimoine architectural. Ce qui fait la force d'une ville, ce qui lui permet de transmettre aux générations futures autre chose que des vieilleries, c'est sa capacité de réinventer sa propre existence, sa propre identité. C'est aussi, dans les actes, sa capacité de mobiliser ses propres citoyens, de la petite enfance jusqu'à l'élite autour d'un projet qui encourage l'EXCELLENCE POUR TOUS, et non pas la complaisance pour chacun.

 

                                                   J'espère que votre équipe a conscience de ces enjeux et qu'elle est prête à nous soulever, à nous étonner, à nous mettre dans cet état d'insurrection intellectuelle et sociale qui offre à Blida la possibilité de retrouver son lustre d’antan, de redevenir belle, séduisante, attractive, solidaire. Ce n'est pas en confiant la décoration de panneaux de pub et d'enseignes à des barbouilleurs sans talent que l'on fait de la culture. Je pense notamment aussi bien aux panneaux de pub d’un autre âge qui soi-disant "embellissent" les terrasses de cafés qu'à la TBAHDILA sous forme d'enseignes étalées comme si de rien n'était en-dessus de l'ensemble des magasins de la ville, dont les pseudo enseignes des "nouveaux" magasins de Bab dzaïr... Comme si Blida devenait un douar peuplé et dirigé par des aveugles ou à court de talentueux calligraphes... Alors que l'un des doyens Algériens des Beaux-arts, spécialiste en la matière de surcroît, est originaire de Blida et y demeure toujours, Mamad Chelha en l'occurrence. Sans compter les autres non moins grands artistes tels les Chak Madjid, Rabah Deriassa... Ce n'est pas non plus en flattant les "flene" ou les "feltene". Je vous confie mes espérances.


 

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